Carnet

Le tout venant, sans sujet ni domaine particulier. Un carnet de notes ou de billets…

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13 mai 2026

Lame de fond

La mésange a du plomb dans l’aile, elle vole bas et ne surf pas très bien sur cette vague scélérate plus déferlante que vaguelette. On va la rentrer au port avant qu’elle ne sombre et passer en cale sèche le temps de colmater les plus grosses brèches.

(Pardonnez la litanie métaphorique mais je fais ce que je peux et je peux peu.)  Les réparations sont confiées au professionnel de la profession et à son arsenal chimique. 

Un billet Thaïlande déjà programmé pour demain et puis pour le suite, on verra bien. Quelques jours où quelques semaines, le temps qu’il faudra. 

La bête est solide, elle reviendra bientôt battre des ailes dans vos flux rss. 

Bon vent ! Prenez soin. 

28 mars 2026

La vague

Deux jours après avoir publié mon précédent billet, j’ai eu une flopée d’alertes cardiaques sur ma petite montre (absolument rien de grave juste des accélérations un peu trop fréquentes de mon rythme habituel) et généralement, quand je n’ai pas bu d’alcool, ça ne présage rien de bon. Un sentiment d’oppression sorti de nulle part et un bon petit coup de blues des familles ont pointé leur nez ensuite…

Bingo !

Ce n’est pas nouveau ces coups de spleens qui s’invitent au beau milieu de périodes plutôt calmes et tranquilles ; la différence c’est que maintenant et depuis quelques années, j’en parle.

En en discutant avec une personne que j’apprécie beaucoup sur Mastodon, j’ai été particulièrement sensible à ces phrases. « Je fonctionne comme ça aussi. J’ai fini par élaborer la théorie suivante : le contexte et l’environnement n’y sont pour rien, c’est juste ma façon d’être au monde. Sans raison, les émotions me submergent (colère, tristesse, mélancolie…) et je ne peux rien faire d’autre que d’attendre. Avec l’âge, j’ai appris à les reconnaître, ces vagues. »

Nous étions d’accord sur le fait qu’il s’agissait de vague à laisser passer en retenant son souffle, mais « c’est juste ma façon d’être au monde » m’a beaucoup plu et donné à réfléchir. Parce que je crois bien que c’est la mienne aussi. 

Je ne sais pas d’où proviennent ces remous, même si j’ai quelques indicateurs, mais quand ils étaient là, j’ai cru pendant longtemps que je ne pouvais rien y faire à part avoir recours à des médicaments quand cela devenait trop difficile. Ce n’est pas le cas cette fois-ci. 

En y pensant, le contexte et l’environnement ont un impact certain lors de ces épisodes gris, sur ma petite personne. Ils peuvent grandement m’aider à passer la vague ou m’enfoncer un peu voir beaucoup plus, mais la vague est là avec ou sans eux. Et pour moi aussi il s’agit d’un trop plein d’émotions qui probablement me submergent sans que je les identifie pour autant. 

Je ne sais pas la colère, je ne sais pas quoi en faire, je ne la reconnais pas, alors je la pleure. Ce n’est pas récent, du plus loin que je me souvienne, je pleure la colère quand elle est là. Quand elle est très importante et simple, j’élève la voix, je m’emporte, je bouscule des objets, comme tout le monde ou presque, mais quand elle est moindre, latente, non clairement identifiée, je deviens triste et j’ai beaucoup de chagrin.

Il en est de même pour l’inquiétude, quand un problème me préoccupe, je ne me ronge pas les ongles, je n’ai pas mal à l’estomac, je suis triste et je pleure.

Quand je suis triste et que j’ai de la peine, je pleure aussi, vous imaginez bien ! [1]

La mélancolie est mon échappatoire, peut-être même une soupape. 

Un des avantages de vieillir c’est d’apprendre à se connaître. J’ai eu longtemps des difficultés à reprendre pied dans ces circonstances, c’est de moins en moins vrai. J’attends que ça passe, j’ai le temps et j’ai fait quelques progrès. J’ai appris à identifier la frustration, la déception, je les accepte et cherche des solutions, au moins pour éviter que cela se reproduise. J’ai maintenant quelques méthodes qui fonctionnent pour moi, et surtout je sais que c’est inévitable, que cela fait partie de la vie et qu’une forme de détachement soulage de bien des maux. Ce n’est pas encore un succès à chaque fois, mais je ne dirais pas que c’est un échec systématique… (Vous l’avez ? Au moins dit comme cela, ça peut avoir du sens…) 

Je ne rumine plus, je ne ressasse plus, c’est la pire des choses que je puisse faire pour ne pas sortir de la vague ; je le sais alors c’est non ! Comme mon neurone fait bien ce qu’il veut, sans me demander la permission, je l’occupe. J’écris tout ce que j’ai à ruminer dans un carnet, je le ferme et ensuite je joue à des jeux bêtes, mais pas trop, j’écoute de la musique (je ne peux pas penser et écouter de la musique en même temps, je vous rappelle que je n’ai qu’un neurone et qu’il est monotâche), j’installe tout ce que le web produit de frameworks CSS, de générateurs de sites statiques, pour les essayer, ça bug tout le temps, ça me fatigue beaucoup, c’est parfait. Tout ce qui peut me distraire, retenir mon attention et m’empêcher de penser est bon à prendre. 

Et quand je suis trop triste et fatiguée, je dors, j’écoute de la musique douce, je fais du yoga (mollement), et surtout je prends l’air et je regarde le ciel ! Contre la tristesse et la morosité, je ne connais pas mieux, à part ajouter un lac sous le ciel, même pas chauffé, ça marche aussi. 

Bien sûr, il ne s’agit pas de mélancolie au sens clinique du terme, on ne traite pas une dépression avec des promenades ou la contemplation d’étoiles, loin de moi l’idée que l’apathie ou la neurasthénie puisse être guérie par quelques activités et une bonne vieille pied-au-cul thérapie que l’on assène encore bien trop souvent à celles et ceux qui luttent contre une maladie grave. Et je sais de quoi je parle pour y être passée. C’est du passé et j’aimerais autant que ça le reste…

Pour l’instant aucune trace de déferlante, rien qu’une vaguelette à laisser refluer au large. Il y aura d’autres marées montantes, d’autres vagues, je vais travailler encore un peu mon apnée et apprivoiser ma façon d’être au monde.[2]

 

une statue de moine assis la tête posée sur les mains

Note(s)

  1. ^ Le premier qui ose une « mater dolorosa », je le mords… :-p
  2. ^ Attention ce billet n’est pas un livre de recettes, je suis dans une période de vie qui me permet de me poser, mais chacun·es fait bien ce qu’iel peut dans ces moments. C’est une phrase qui m’a été écrite également par une autre personne « On fait ce qu’on peut » et oui, et merci pour ça. :-)

20 mars 2026

Flâner

Je reviens d’un week-end parisien chez un compère cher à mon cœur et à mon rire, suivi de trois jours de balades en Cotentin, chaleureusement accueillie par une copine qui m’a fait découvrir une partie de cette côte magnifique. J’ai flâné dans les environs de la capitale, à Cherbourg, sur les falaises et sur les plages. C’était bien.

J’ai l’immense chance d’avoir du temps, tout mon temps. Je ne travaille plus depuis octobre dernier et plus j’apprivoise ce temps qui m’est donné, plus il m’apparaît précieux. Je vieillis comme tout le monde, mais je n’ai pas souvenir de cette sensation d’avoir toute la vie devant moi. C’est paradoxal, j’en ai un peu moins qu’hier incontestablement et beaucoup moins qu’à trente ans et des poussières, mais ce sentiment non-urgence est presque permanent. 
Je n’ai plus d’emploi et j’ai du temps. 

J’aimais mon métier, là n’est pas le sujet, mais les heures que j’y consacrais me laissait tout de même un goût mitigé d’instants volés et de parenthèses. Parenthèses actives, affairées, épuisées souvent, survoltées parfois, mais parenthèses. Comme si ma vie était coupée en deux, deux morceaux juxtaposés pour n’en faire qu’un seul, bancal, incomplet et instable. Essoufflée. 

Je vieillis, mais j’ai beaucoup plus de ténacité et de forces qu’il y a quelques années. Le corps couine, certes, il grince fort à certains moments, il sait se faire entendre, ça ne va pas s’arranger, mais il bouge, il vit sans se presser. Parfois, je me croise devant un miroir et je me trouve belle. Si, si. Cela ne m’est jamais arrivé, comme ça par hasard, le matin au réveil ou sortant du jardin de la terre sur le nez et les cheveux en bataille. Je me souris, presque contente de me voir au lieu de me fuir avec une moue dépitée. J’ai le temps d’apprécier les plus petites douceurs, les plaisirs minuscules, les euphories passagères, même les raideurs articulaires sont apprivoisables si l’on n’a pas de raison de les faire taire, je flâne…

Je flâne en cuisinant, en lisant, en jardinant, en écrivant, je flâne aussi en racontant la Thaïlande — vous lirez ce récit ici, dans une semaine, dans un mois, dans un an — rien ne presse. L’urgence n’est plus, les secondes s’égrènent à la vitesse qui leur chante, je m’en fiche, elles font bien ce qu’elles veulent. 

J’ai mon propre rythme, je mange lorsque j’ai faim, je dors si j’ai sommeil, j’ai cessé de lutter avec moi-même pour dormir la nuit et vivre le jour, j’ai toujours quelque chose à faire ou à penser pour ne rien faire, jour ou nuit, quelle importance ! Je vis. 
Le monde tourne lui, à la pulsation effrénée du temps qui lui manque, il me piège parfois et me rattrape pour me faire avancer en cadence. Il me bouscule encore par moments, me fait vaciller sur mon socle, tels les culbutos de mon enfance tombant la tête la première, s’affalant sur le dos, penchant sur le côté, mais toujours à la fin retrouvant l’équilibre pour une danse lente jusqu’à l’immobile. 

Je mesure ma chance et le privilège qui m’est accordé. L’année précédente fut douloureuse et difficile, je respire enfin. À bien y réfléchir, je ne suis qu’à quelques mois de l’âge de la retraite qui était en vigueur il y a peu encore… n’empêche, c’est un cadeau inestimable et je compte bien ne pas le mépriser. Je ne sais si j’aurai besoin de retourner au labeur rémunéré, ce n’est pas dépendant de ma seule volonté. Financièrement, j’ai connu des périodes plus confortables, mais tellement d’autres plus difficiles que c’est presque un détail pour le moment et si je n’y suis pas forcée, je préfère de loin réduire, fabriquer au lieu d’acheter, mais à ma mesure, en flânant. 

Je vais rester dans cette maison plus de temps que je ne le pensais sauf cas de force majeure. Ici aussi, j’ai pris cette décision pour ne rien brusquer, voir venir… Il y aura des travaux à faire, beaucoup, lourds, mais sans urgences sauf la cheminée. La deuxième roue du tandem a aussi des bras et des tonnes de bonne volonté ; une hotte et un avaloir à casser, un poêle à installer après la pose du conduit par un professionnel, des fenêtres à changer, un plancher à refaire, une salle de bain à réparer, cela ne nous fait pas peur. Il pourra m’aider le week-end ou pendant ses congés et le reste du temps j’avancerai au rythme qui sera le mien et je solliciterai de l’aide si besoin est. Mais peu sont celles et ceux qui ont le loisir de disposer de leur temps de la sorte dans mon entourage, j’en ai bien conscience.

Mon TDA(H) se porte très bien ! Merci. Je fais deux mille pas dans le jardin quand j’aurais du en faire une cinquantaine à chercher l’outil qui très étrangement n’est pas à sa place où à me demander ce que je cherchais, justement… bref, moi, dans toute son inattention et son désordre technique et mental, qui dans ces circonstances n’est pas un handicap, parce que je m’en fiche, je n’ai pas à être rentable. Et que c’est reposant ![1]

Bien sûr, je sais que ce répit n’est pas acquis, la vie est malicieuse et réserve des surprises, mais je mets à profit cette disponibilité pour prendre soin de celles et ceux que j’aime quand iels le veulent ou en ont besoin. Mes proches vieillissent, ont des soucis ou sont fatigués, je ne flotte pas sur un nuage. Les amitiés qui ne veulent plus l’être me peinent et soufflent parfois un brin de mélancolie, mais je n’ai pas d’amertume ni de rancœur parce que j’ai le temps d’en faire le deuil, de me faire discrète lorsque j’encombre et de laisser filer. Peut-être est-ce le changement le plus essentiel dans mon quotidien ? De pouvoir laisser vivre le trop d’émotions bonnes ou mauvaises, sans les bousculer, sans les presser de ne pas être. Ce n’est pas le plus facile, mais j’y parviendrai peut-être, en flânant… 

Le bord de mer en Cotententin

Note(s)

  1. ^  Quoi qu’en dit mon Psy qui veut me faire manger de la ritaline pour que je ne fasse pas la moitié de la vaisselle au milieu du repas sans la terminer parce que je viens de retrouver ce livre que je cherchais depuis si longtemps. OSEF lui dis-je. Manifestement, ça le dépasse que l’on puisse aussi bien le vivre.

14 janv. 2026

Let's ride !

Il parait que lorsque l’on tombe de cheval ou de vélo, il faut remonter en selle. Peut-être est-ce à l’avenant lorsque l’on tombe d’un blog ? 

J’ai ouvert non pas un, mais deux blogs dotclear (il y avait des promos), celui dont vous lisez actuellement la première bafouille et un autre plus axé photographies, dont vous trouverez le lien dans le menu principal. 

Nos petites histoires qui font partie de la grande sont de mini résistances à cette machine à broyer le vivant dans laquelle nous essayons, tant bien que mal, d’être. Alors puisque nous sommes vivant·es, nous avons des choses à raconter, et si les blogs permettent à quelques humain·es et leurs voix minuscules de transmettre des bribes de ce qui nous fait tenir et aller de l’avant ou simplement de nous distraire, sans scroll infini, sans urgence, partageons !

L’apparence et l’architecture vont sûrement bouger au fil du temps, j’ai fait vite, mais il y a encore beaucoup à faire. J’ai vraiment modifié le minimum. Désolée pour les yeux sensibles, pas de thème sombre pour l’instant sur le blog (mais tout le monde lit dans son fil RSS, donc tout le monde s’en fout), ça viendra, ainsi que d’autres changements et je l’espère améliorations. J’ai bien envie de me tricoter des thèmes plus personnels, parce que j’ai pris du plaisir à rejouer avec des CSS juste pour le fun et à triturer du template (merci @tomek pour les tuyaux sur le fonctionnement par défaut de Dotclear). La partie photographies va m’occuper un moment, mais je voulais pouvoir les présenter par thèmes et je vais essayer de faire une chouette galerie. C’est encore un brouillon plein de bonnes intentions. Je laisse les commentaires ouverts sur ce premier billet, j’ignore encore si cela sera permanent, peut-être pas toujours…

Il faut que je vous dise, je pars bientôt en voyage loin, très loin, alors je verrai tout cela en rentrant et je publie tout de suite, sinon je ne le ferai jamais.

Il n’y a pas et il n’y aura pas d’outils de statistiques, je sais que je serai lue, attentivement, par des IA… J’en profite pour introduire le futur leitmotiv de ce blog : « J’emmerde les IAg ! » Ça ne sert à rien, mais ça soulage.

Comme il n’est pas trop tard pour le faire, je vous souhaite tout de même, de petits et de grands bonheurs pour cette année et les prochaines et les suivantes, soyons folles…, de beaux levers et couchers de soleil, de vous aimer un peu et d’être aimé·e beaucoup (et surtout pas l’inverse), d’avoir du temps et suffisamment de ressources pour faire ce qui vous comble au rythme qui vous convient et tout ce qu’il vous plaira parce que la vie n’est pas faite que pour sécher sur pied.

Let’s ride !

Bienvenue sur le blog de la Mésange, sans cohérence de contenu, sans but particulier, sans structure encore bien définie, mais dans mon petit coin de web qui me ressemblera un peu et ne demande qu’à se remplir de pui… puit…

Une photographie de mon reflet en pied au fond du lac. Les herbes et les galets habillent le fond de ma silhouette.
La dame du lac

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