mar. 3 février
Nuit étonnamment bonne dans nos couchettes respectives, jusqu’au réveil intempestif par les employés du train pour défaire les lits à 6 h 30 alors que nous devrions arriver à 8 h. C’est raide…
Chiang Mai est bien plus respirable que la capitale. L'hôtel simple est très sympa, le lit immense, la douche chaude et le jardin accueillant pour boire une bière ou écrire des cartes postales. Balade dans la vieille ville à pied ; l’atmosphère est très sereine, c’est un peu un village vacances déguisé en ville thaïlandaise traditionnelle, à y regarder de plus près, mais j’aime bien flâner dans ces ruelles où vivent et travaillent tout de même de « vrais gens ». Au grè de nos flâneries dans les rues de Chang Mai, nous visitons un temple, moins réputé que celui de Bangkok, mais très ancien, et recelant des trésors de statues, de nāgas, de gongs, de chiens absolument pas faméliques et de bois ciselés à la perfection comme de la dentelle.
L’après-midi, nous sortons des remparts en briques, direction un marché couvert repéré sur le guide du Routard, apparemment peu touristique, mais bien achalandé. C’est loin, il fait chaud, effectivement les habitants se pressent pour faire provision de victuailles, d’objets du quotidien, de confiseries et les Farangs[1] y sont rares. Il y a même des vêtements que les habitants achètent ! J’avise des vestes chinoises en coton brut, absolument magnifiques et très abordables, ça ferait de jolis cadeaux, ainsi que le café produit dans la montagne que l’on a goûté et qui est délicieux… Réflexion faite, je me dis qu’il est préférable de faire ce genre d’achats avant de partir de Bangkok pour le retour, il n’est pas utile de nous ajouter du poids sur le dos à porter pendant plusieurs jours, alors que nos valises à roulettes nous attendent presque vides à la capitale…[2]
Après quelques heures de marche, en pleine chaleur, sur le bitume, les pieds semblent ne plus être en état de nous porter.
Nous rentrons les passer à l’eau et au savon et partons à la recherche d’un salon de massage pour leur redonner un semblant de dignité.
Les salons de massage poussent comme des champignons, partout où il y a des touristes. Tout à l’heure, aux alentours du marché au milieu d’une ruelle, pas dans un salon, un vieux Thaï installé sur un petit tabouret subissait sans broncher les coups d’une sorte de maillet et d’un rouleau en bois sur ses cervicales, distribués vigoureusement par un « masseur » de rue. Il nous a gentiment invités à prendre place, mais à peu près persuadé·es qu’en subissant le même sort, nous ne repartirions pas en un seul morceau, nous avons décliné avec toute la politesse requise et un grand, courage fuyons !
Alors un massage, oui, mais on va commencer par les pieds, n’est-ce pas ?
Trente minutes de pétrissage de mollets et de pieds plus tard, ils sont tout ragaillardis et nous avec. Bien détendus, on s’installe pour dîner dans un petit restaurant et passons le reste de la soirée dans le jardin de la guesthouse à siroter du thé en consultant les guides de voyage, sous les palmiers, accompagné·es des sons joyeux qui s’échappent du marché de nuit tout proche.







































